mercredi 22 janvier 2014

Lavaur. Cambrioleur abattu : meurtre ou légitime défense ?

Jonathan avait 17 ans et pas franchement un profil de voyou. Cet adolescent est pourtant mort dans la nuit du lundi 14 décembre 2009 au cœur de la nuit, peu après 2 heures, à Lavaur, dans le Tarn. Il venait de pénétrer par effraction avec son copain Ugo dans le bar-tabac du Pont Saint-Roch. Jonathan a été tué d’une décharge de calibre 12, tirée presque à bout portant. Luc Fournie, patron de l’établissement avait ouvert le feu avant de tirer une deuxième cartouche sur Ugo, à l’origine du cambriolage, qui lui a réussi à s’enfuir par la fenêtre dont il avait scié les barreaux.
Meurtre ou légitime défense ? La question, au cœur de ce dossier, sera débattue demain devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Toulouse. Presque quatre ans après la mort de l’adolescent, la juge d’instruction Élodie Billot, suivant les réquisitions du parquet, a délivré une ordonnance de mise en accusation devant la cour d’assises le 7 octobre. Une ordonnance aussitôt frappée d’appel par Me Georges Catala qui défend Luc Fournie.
«Ce dossier représente la quintessence de la légitime défense, argumente Me Catala. Ce commerçant était chez lui, il avait prévenu les gendarmes qu’il risquait un cambriolage puisque les barreaux d’une des fenêtres du bar avaient été patiemment sciés. Deux cambrioleurs avaient pénétré chez lui en pleine nuit quand il a ouvert le feu, dans le noir, terrorisé à l’idée d’être agressé. Comment peut-on reprocher à cet homme de s’être protégé ?»
Cette position, défendue depuis décembre 2009, a reçu le soutien surprise du parquet général. L’avocat général Pierre Bernard, dans un mémoire, soutient en effet la légitime défense. «Une position particulièrement surprenante», s’étrangle Me Marie-Hélène Pibouleau. Avec Me Pierre Maisonneuve, ils défendent la famille de Jonathan. «Évoquer la légitime défense dans un tel dossier c’est délivrer un permis de tuer», s’insurge Me Pibouleau. «Les conditions de la légitime défense ne sont pas réunies, ajoute Me Maisonneuve. Cet homme est allé chercher un fusil, il l’avait chargé, il couchait dans sa réserve à l’affût. Il était prêt !» Les parties civiles réclament un débat public devant un jury populaire.
La chambre de l’instruction tranchera. L’arrêt sera placé en délibéré. Décision d’ici un ou deux mois. Jean Cohadon

http://www.ladepeche.fr/article/2014/01/22/1800593-lavaur-cambrioleur-abattu-meurtre-ou-legitime-defense.html

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