mercredi 22 janvier 2014

Accident mortel au Barp : prison ferme pour un chauffard girondin

Le conducteur avait bu, consommé des stupéfiants et provoqué un accident mortel au Barp.Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Bordeaux
«Vous avez fait exactement ce qu'il ne faut pas faire. Cela relève du cliché, mais vous en êtes un exemple. » Cette phrase, hier, du président de la 5e chambre du tribunal correctionnel de Bordeaux, Alain Reynal, résume à elle seule le comportement inconscient du prévenu, Nicolas Duret, 33 ans, poursuivi pour homicide involontaire.
Le 7 décembre 2012, pour fêter la naissance de l'enfant d'un de ses copains, il sort en discothèque, boit de la vodka, consomme du cannabis et de la cocaïne. Un cocktail incompatible au moment de prendre le volant, quelques heures plus tard, au petit matin. Une connaissance lui propose de l'héberger mais il refuse et décide de rentrer chez lui. Il est 6 h 20 lorsqu'il circule sur la départementale 1010 au Barp, s'endort, se déporte soudain sur la voie opposée de la chaussée et percute le véhicule de Jean-Paul Bérard, 54 ans, un employé de La Poste qui se rend sur son lieu de travail. Le choc est terrible. Malgré les efforts des secours, le facteur décède de ses blessures. Nicolas Duret est également hospitalisé. Son taux d'alcoolémie est supérieur à 2 grammes dans le sang et les tests de toxicologie révèlent qu'il a consommé des stupéfiants.
« Je ne fumais pas tous les jours, c'était festif », explique le prévenu au tribunal, avouant « ne se souvenir de rien ». La famille de la victime, assise au premier rang de la salle d'audience, très digne, ne peut retenir sa douleur. « Ils n'ont pas de haine, mais leur vie s'est arrêtée, fulmine Me Véronique Garcia, l'un des conseils de la partie civile.
« Vous étiez hors d'état de conduire », observe le président Reynal. « Je le reconnais. Aujourd'hui, psychologiquement, c'est dur », murmure le chauffard qui a traversé une dépression depuis les faits et exprime désormais des remords.
« La victime a vu la mort arriver en face et il n'a rien pu faire pour éviter le choc, soupire le conseil des parents de Jean-Paul Bérard. « On ne peut pas dire que c'est un accident. Le jeune conducteur savait pertinemment qu'il n'était pas en état de prendre sa voiture. » Sur le banc de la partie civile, on parle de « bombe humaine, de machine à tuer ».
Le vice-procureur Jean-Louis Rey compatit à la peine de la famille éplorée et observe que « cette mort est absurde, totalement injuste ». Le magistrat hausse le ton pour s'exclamer en direction du prévenu : « Nous sommes là pour dire ça suffit ». Cinq ans de prison ferme et un mandat de dépôt à l'audience sont requis. « Nous n'avons aucune excuse et l'on ne peut pas expliquer ce qui s'est passé », admet pour la défense Me Sophie Baillou-Etchart. « C'est le procès de l'inconscience, de la perte de repères. L'inconscience a laissé la place aux remords jusqu'à la fin de ses jours ».
Le tribunal a finalement condamné le chauffard à quatre ans de prison dont deux avec sursis simple. Il a également prononcé l'annulation de son permis de conduire pour une durée de cinq ans.

http://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/

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